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16 décembre 2010 4 16 /12 /décembre /2010 22:08

Compte rendu du forum international sur la législation pour la protection des animaux

CHANG Jiwen

Directeur de recherche de l’Académie Nationale des Sciences Sociale

 

Mars 2010, un évènement ayant eu lieu à Taiwan nous a fait réfléchir de manière approfondie : un cuisinier venant du continent montrait comment plumer un poulet vivant : sans l’assommer ni le saigner, il le jeta vivant dans l’eau bouillante, le pluma, le découpa…

Résultat : ce cuisinier, reconnu coupable de cruauté envers un animal, a été condamné à payer une amende de 100 000 nouveaux Taibi (soit environ 2200 euro).

La législation pour la protection des animaux n’est pas quelque chose de spécifique à l’Occident : des règlements existant dans des lois chinoises devançaient de plus de 1000 ans environ la première « loi anglaise contre la maltraitance envers les animaux ».

Les statistiques de la douane de Chine montrent qu’en 2005, le chiffre d’exportation de fourrure est de 25 millions de US Dollars ; en 2006 : 11 millions de US Dollars ; en 2008 : 8 millions de US Dollars ; en 2009 : environ 10 millions de US Dollars.

Raison principale de la baisse de l’exportation : la maltraitance envers les animaux dans notre pays.

En 2010 un débat s’est engagé puis s’est poursuivi pendant de nombreux mois suite à la publication de La « Proposition de Loi Contre La Maltraitance envers les Animaux de RPC (République Populaire de Chine) élaborée par des experts juridiques. Le débat se focalise sur trois aspects :

1, Quelles bases pour une législation sur la protection des animaux ?

2, Faut il protéger les chats et les chiens en particulier ?

3, Quelles mises en pratique de la législation ?

Certaines opinions sont très représentatives et méritent donc d’être lues et analysées attentivement.

 

Débat sur les bases d’une législation

-Base scientifique pour légiférer contre la maltraitance envers les animaux

Pr. CHEN Su de l’Institut Juridique de l’Académie des Sciences Sociales :

Quelle est enfin la place que l’Etre humain doit occuper dans notre écosystème ? Cette question nécessite que nous fassions un examen de conscience. L’Etre humain doit-il jouer le rôle de conquérant ou de profiteur sans aucune retenue d’autres composants importants --- tels que les animaux --- de notre écosystème ?

Mr. ZHAI Yong, directeur adjoint du bureau d’enquête et d’étude sur les ressources environnementales de L’Assemblée Nationale Populaire :

Aujourd’hui, la Chine pose la question de la protection des animaux. Pourquoi ?

1, Pour un développement durable.

2, Pour le maintien de l’équilibre du système écologique et la protection de la biodiversité.

Pr. LU Feng du département philosophie de  l’Université de QINGHUA : 

Vu les moyens technologiques et le niveau de progrès techniques, l’Etre humain ne fait plus partie de la chaîne alimentaire. L’Etre humain n’a plus besoin de méthodes primitives, il utilise désormais les moyens les plus modernes (comme la mitrailleuse) pour faire face aux animaux. N’étant plus dans la chaîne alimentaire, l’Etre humain ne doit plus suivre de lois primitives comme des carnivores sauvages vis-à-vis des autres espèces animalières.

 

-Base historique pour légiférer contre la maltraitance envers les animaux

Pr. CAO Han-ai de l’Université de Griffith (Australie) :

Des règlements précis sur le traitement des bêtes, sur les officiels et les éleveurs d’animaux de travaux, d’animaux de rente en particulier, existent dans des lois chinoises depuis plus de 1000 ans. Tout contrevenant peut être l’objet de punitions sévères.

Ces règlements devancent de plus de 1000 ans la première loi anglaise contre la maltraitance envers les animaux. Cela montre que la législation contre la maltraitance envers les animaux n’est pas quelque chose de spécifique à l’Occident.

Pr. CHANG Jiwen de l’Institut Juridique de l’Académie Nationale des Sciences Sociales :

Des règlements de loi chinoise contre la maltraitance existaient déjà à la fin de la Dynastie QING.

Ex : Le 15 septembre 1908 (en l’an 34 du règne de l’Empereurs GUANGXU) a été publié « Le Règlement de Gestion sur Les Charrettes », élaboré par le bureau général des agents de police de la banlieue de Pékin. Y est inscrit : « Il est interdit de maltraiter les bêtes ».

En 1934, la municipalité de Nanjing (à ce moment capitale de la Chine) a élaboré, prenant l’éthique et l’honneur comme base théorique, l’ « Application des Règlements Détaillés visant à Interdire la Maltraitance envers les Animaux de la ville de Nanjing ».

Suite au transfert du gouvernement national à Taiwan, la région de Taiwan a voté en 1998, en se basant sur les règlements juridiques successifs, la « Loi Relative à La Protection des Animaux », cette loi se conforme à la réalité de Taiwan tout en tenant compte de la tendance internationale.

En 2000, ont été publiées l’ « Application des Règlements Détaillés sur La Protection des Animaux », « La Gestion sur le commerce des Animaux de Compagnie » etc.

Mars 2010, un évènement ayant eu lieu à Taiwan nous fait réfléchir de minière approfondie : un cuisinier venant du continent montrait comment plumer un poulet vivant : sans l’assommer ni le saigner, il le jeta vivant dans l’eau bouillante, le pluma, le coupa…

Résultat : ce cuisinier, reconnu coupable de cruauté envers un animal, a été condamné à payer une amande de 100 000 nouveaux Taibi (soit environ 2200 euro).

Pr. CAI Shouqiu, président de la Société Nationale d’Etude de la Loi Relative à la Protection des Ressources Environnementales :

Pendant la révolution culturelle, l’élevage d’animaux de compagnie et le soin des animaux étaient considérés comme des idées bourgeoises et subissaient critiques et stigmatisations. Jusqu’à aujourd’hui, des cultures traditionnelles chinoises comme par exemple la bienveillance envers les animaux, ont encore du mal à se faire comprendre par certains.

 

-Fondement de l’intérêt de légiférer contre la maltraitance envers les animaux

Pr. CHANG Jiwen de l’Institut Juridique de l’Académie Nationale des Sciences Sociales :

La Chine est le plus grand pays agricole du monde, sa production bovine, ovine et porcine se situant au premier rang mondial, soit environ un quart de la production mondiale. Néanmoins, l’exportation de ses produits reste très faible. La Chine est aussi le plus grand producteur des fourrures, or ces produits ont du mal à pénétrer le marché mondial. Pourquoi ces phénomènes ? C’est parce que certaines de nos méthodes de production, d’élevage et de traitement des produits animaliers ne sont pas conformes aux normes internationales sur la protection des animaux.

Mr. LIANG Xiaoning, directeur de la Société Nationale d’Importation et d’Exportation des Produits du Pays et(Produits) Animaliers :

Notre pays occupe une position absolument dominante dans le commerce, la production et le traitement des fourrures mais certains pays ont dressé des barrières commerciales en raison de l’absence d’une loi chinoise relative à la protection des animaux.

Les statistiques de la douane de Chine montrent qu’en 2005, le chiffre d’exportation de fourrure est de 25 millions de US Dollars ; en 2006 : 11 millions de US Dollars ; en 2008 : 8 millions de US Dollars ; en 2009 : environ 10 millions de US Dollars.

Raison principale de la baisse de l’exportation : la maltraitance des animaux dans notre pays.

Pr. CAO Han-ai de l’Université de Griffith (Australie) :

En absence d’une loi chinoise relative à la protection des animaux, la cruauté infligée aux animaux par certains individus est considérée aux yeux de la communauté internationale comme une pratique nationale ou comme un acte toléré par l’Etat Chinois, cela est néfaste à l’image de Chine.

 

-Fondement social d’une législation contre la maltraitance envers les animaux

Mr. HE Yong d’IFAW (International Fund For Animal Welfare):

La bienveillance envers les animaux est un prolongement de la bienveillance d’un humain envers ses semblables. Des enquêtes effectuées à l’étranger sur des tueurs en série montrent que plus de 70% de ces tueurs ont eu dans leur enfance des expériences continues de maltraitance envers des animaux.

Si quelqu’un a pu tuer des animaux étant petit, une fois adulte, il pourrait alors très probablement ôter la vie de ses semblables.

Mr. PENG Tao de l’Association de Protection des Animaux de CHONGQING (SICHUAN) :

Des gens pourraient regretter de ne plus pouvoir manger des chats et des chiens sans pour autant en souffrir. Par contre, si leur consommation de chats et de chiens persiste, cela nous cause de réelles souffrances.

Prenons une grande famille comme exemple. Mis à part un enfant, personne dans cette famille ne mange de chiens ou de chats. Les autres membres de la famille seraient très tristes si un jour l’enfant tuait un chat ou un chien dans la cuisine et lui diraient sans doute: peux-tu cesser de faire ça pour l’amour de tes frères ?

De ce fait, si la conduite de certains citoyens est à l’origine de le souffrance d’autres citoyens, cette conduite ne devrait-elle pas faire l’objet d’une interdiction par une loi contre la maltraitance envers les animaux ?

Pr. CHEN Su de l’Institut Juridique de L’Académie des Sciences Sociales :

Quand on parle de lutte contre la maltraitance envers les animaux, on parle en réalité d’exploitation d’animaux avec éthique. Pourquoi maltraiter les animaux puisque l’on est contre la maltraitance de l’Homme ?

La maltraitance envers les hommes diminuerait si l’on cessait de maltraiter les animaux.

Pr. SUN Xianzhong de l’Institut Juridique de L’Académie des Sciences Sociales :

La société moderne a ses propres critères d’éthique et l’Etre humain se doit de respecter ces critères en traitant de manière éthique les animaux. Actuellement, la question de la lutte contre la maltraitance est clé si l’on veut traiter les animaux avec éthique.

Mr. ZHAI Yong, directeur adjoint du bureau d’enquête et d’étude sur les ressources environnementales de l’Assemblée Nationale Populaire :

Toute pratique de maltraitance, quelle que soit sa cible (animal ou Homme) est scélérate et doit être combattue avec force.

 

-Fondement opérationnel d’une législation contre la maltraitance envers les animaux

Pr. CHANG Jiwen de l’Institut Juridique de l’Académie Nationale des Sciences Sociales :

A chaque fois que se produit un scandale de maltraitance envers des animaux, les médias le révèlent, l’opinion publique le condamne mais les mêmes scandales se reproduisent sans cesse. Cela montre la limite des forces d’éthique ou de moral. Ces forces ne parviennent pas à jouer un rôle dissuasif.

Un pays doit défendre ses bonnes traditions par le biais de la législation. Cela en agissant dans le sens du progrès de la civilisation mondiale et de la Chine et pour répondre à la nécessité de développement économique ou social. Pour cela il est vraiment nécessaire d’élaborer une loi contre la maltraitance envers les animaux.

Aujourd’hui, la puissance générale chinoise se situe au premier rang mondial, cependant, certains s’opposent à l’existence d’une législation contre la maltraitance envers les animaux sous prétexte de défendre « les droits de l’Homme », ce qui constitue une véritable rétrogradation  moral.

 

-Fondement dans l’opinion publique d’une législation lcontre la maltraitance envers les animaux

Mr. LIU Ning, président du bureau de Pékin d’étude de la loi sur le bien-être publique :

La plupart des gens sont peut être indifférents à la question de la consommation de chats et de chiens, eux même n’étant pas des consommateurs. Les choses sont en revanche différentes concernant certaines minorités, dans certaines régions (La Minorité coréenne, à certains endroits de la province de GUIZHOU où offrir de la viande canine est une façon chaleureuse de recevoir ses amis). Face à la proposition d’interdire la consommation de chats et de chiens dans ces endroits, ces gens pourraient éprouver un sentiment d’injustice, d’autres la trouveraient frivole. Je soutiens de tout mon cœur le projet contre la maltraitance envers les animaux, nous devrions néanmoins avoir de meilleurs choix aussi bien dans le domaine des techniques que sur le mode de législation.

Pr. CHANG Jiwen de l’Institut Juridique de l’Académie Nationale des Sciences Sociales :

La maltraitance envers les animaux heurte la sensibilité des gens, surtout celle de la jeunesse. Légiférer pour interdire la maltraitance envers les animaux montre que la civilisation chinoise entre dans une nouvelle époque et cela correspond à un progrès de la civilisation chinoise.

 

 

Débat sur la protection spécifique des chats et des chiens

Origine de la théorie de la protection spécifique des chats et des chiens

Mr. WANG Yanwei de l’Institut National des cadres de Gestion sur l’Environnement :

L’idée de ne manger ni des chats et ni des chiens est-elle proclamée par des organisations de protection des animaux ? Est-ce une évolution de notre propre civilisation ou quelque chose qui nous est inculqué par la formation des organisations étrangères de protection des animaux ?

Cette question mérite notre réflexion.

Mme. ZHANG Luping, directrice de « l’Homme et l’Animal » Centre de Vulgarisation des Sciences sur La Protection de l’Environnement :

Actuellement, environ 900 000 chiens sont enregistrés à Pékin, ils représentent 900 000 foyers d’au moins 3 membres, autrement dit, ils représentent 2 700 000 personnes. Ces dernières considèrent les animaux comme des membres de leur famille et souhaitent que les animaux soient bien traités.

Cela n’a été ni inculqué par les Occidentaux, ni été l’imitation de leur mode de vie : c’est une évolution naturelle de la société chinoise.

 

La protection en pratique des chats et des chiens

Mme. ZHANG Luping, directrice de « l’Homme et l’Animal » Centre de Vulgarisation des Sciences sur La Protection de l’Environnement :

Nous pouvons étudier le problème de la provenance des chats et des chiens en regardant les prix du marché avant de prendre des mesures de protection adéquates.

Dans certains abattoirs de Pékin, le prix de la viande de chien s’affiche 8yuan/500g (soit 16yuan/kg, soit 1euro30/kg). Ce prix est beaucoup plus bas que celui du porc, cela montre que la plupart des chiens ne sont pas des chiens d’élevage mais volés.

Pr. JIANG Jinsong de l’Université de Qinghua :

La répression de la consommation commerciale des chats et des chiens serait effective si on pouvait la contrôler de manière efficace par la loi. On pourra réglementer ainsi : quelque soit la viande (chat ou chien), le restaurant qui la commercialise doit, conformément à la loi, fournir son origine, la vaccination de l’animal, le lieu et la conformité de l’élevage. De cette façon, on pourra couper en amont cette chaîne commerciale qui entraine la consommation des chats et des chiens.

 

Projet de législation pour une protection spécifique des chats et des chiens

Mr. PENG Tao de l’Association de Protection des Animaux de CHONGQING (SICHUAN) :

Pendant le sauvetage post-séisme de WENCHUAN (SICHUAN) l’armée a sauvé beaucoup de sinistrés et les chiens y ont largement contribué. A-t-on déjà vu des vies sauvées par des poules, des canards, des chèvres, des bœufs ou des cochons ? Non. Elles sont sauvées par des chiens, voilà leur contribution spécifique en raison de leur intelligence et de leur caractère spécifique supérieur aux autres espèces animales. Ils doivent donc bénéficier d’une protection spécifique.

Pr. LU Di de l’Association Nationale de la Protection des Animaux de Compagnie :

On est libre de s’opposer ou de préconiser la consommation de chats et de chiens mais dans une société moderne, toute conduite doit être civilisée, harmonieuse et guidée par l’idée de progrès. Que doit-on garder ? Que ne doit on pas ? Tout cela mérite une réflexion.

Nombreuses vieilleries non civilisées sont déjà rejetées: qui aurait accepté qu’un être vivant soit enterré avec le mort aujourd’hui ?

Certains ne comprennent pas pourquoi on ne peut pas consommer les chats et les chiens alors que les bovins et les ovins sont consommés. Leur argument étant que ce sont tous des animaux et qu’on peut donc les tuer sans distinction ! Or le progrès scientifique nous amènent à différencier davantage les espèces de tout genre. Les chiens sont des amis fidèles aux hommes, les chats sont nos compagnons et d’autres animaux sauvages sont en voie de disparation. Une telle classification existe déjà dans des lois chinoises et étrangères. Dans ce cas, garder à tout prix ce qui a déjà été rejeté dans l’histoire ne serait pas en accord avec l’idée du progrès !

 

Débat sur le processus de législation

Processus de législation

Pr. ZHOU Xunfang, Président de l’Institut de Droits de l’Université des Sciences et Technologie de Sylviculture :

La lutte contre la maltraitance envers les animaux est seulement une tentative, il n’y a actuellement pas de législation en Chine. Nous devons réfléchir de manière raisonnable sur ses différentes étapes. Une loi contre la maltraitance envers les animaux doit être élaborée mais elle doit être générale et non détaillée, ça doit être en quelque sorte un encadrement. Cette loi ne pourra pas tout résoudre de manière définitive. La situation serait différente si une telle loi existait nous pourrions l’améliorer pendant son application.

Pr. QING Daomeng de l’Institut de Droit de l’Université de Nankai (TIANJIN) :

Je partage le point de vue du Pr. ZHOU Xunfang. De plus, il faut maintenant rechercher l’unité des points de vue en mettant de côté les divergences pour que la loi puisse sortir le plus rapidement possible.

Pr. SUN Jiang de l’Université du Nord-Ouest de Politique et Loi :

Il faut d’abord faire voter cette loi sans placer la barre trop haut. On peut ensuite élever les critères suivant les coutumes traditionnelles et culturelles de chaque région. Actuellement tout le monde regarde le régime central, attend une loi corrélative avant d’élaborer des lois locales.

 

Faut-il interdire de tuer de ses propres mains les animaux ?

Certains évoquent leur inquiétude en disant que les non-adultes perdraient leurs moyens de subsistance, tels que tuer les poules ou les poissons en cas de législation.

Pr. JIANG Jinsong de l’Université de Qinghua :

Cette idée est horrible : faut-il apprendre à tuer des êtres humains pour pouvoir un jour se défendre ? Evoquer cette idée horrible montre la mauvaise compréhension que nous avons sur l’ordre de la Nature. Nous avons eu, dans le passé, beaucoup de préjugés faute de posséder des connaissances corrélatives.

 

Mme. ZHANG Luping, directrice de « l’Homme et l’Animal » Centre de Vulgarisation des Sciences sur La Protection de l’Environnement :

S’inquiéter que les enfants ne puissent pas subsister, ne sachant plus tuer les poules ou les poissons de leur propres mains est absolument ridicule ! Ce qu’il manque aux enfants, que ce soient les post 80 ou les post 90 n’est rien d’autre que l’amour et le sens des responsabilités !

 

Doit-on interdire d’un seule coup ou au fur et à mesure la consommation des chats et des chiens ?

Mr. LI Bo (LITTLE Paul ), Surintendant de l’Association Britannique de Prévention Contre la Maltraitance des Animaux :

La consommation des chats et des chiens est le sujet le plus évoqué et l’acte le plus condamné par les organisations internationales de protection des animaux. Nous pensons néanmoins qu’il est difficile de tout  intégrer d’un coup dans une loi, tout comme changer du jour au lendemain le comportement des gens.

Une législation rationnelle tiendrait compte des différentes opinions sur ce sujet suivant les régions, elle devrait être concordante avec l’opinion des gens « ordinaires ». L’interdiction de la consommation de chats et de chiens pourrait être rapidement effective dans certaines régions vu que la plupart des gens éprouvent de l’antipathie pour cette pratique. En revanche, la situation est inverse dans d’autres régions où si l’on imposait les règlementations de la loi, on aurait beaucoup de difficultés à les faire appliquer. Autrement dit, on doit prendre des mesures appropriées en fonction des conditions locales et les généraliser au fur et à mesure.

Pr. CHANG Jiwen de l’Institut Juridique de l’Académie Nationale des Sciences Sociales :

Certains émettent une hypothèse : si la consommation des chats et des chiens était interdite dans une région, les gens de cette région prendraient alors leur voiture pour aller dans d’autres régions où la consommation ne serait pas interdite, contribuant ainsi à la consommation dans ces régions. Que doit-on faire dans ce cas-là ?

Actuellement, l’utilistation de pétards est interdite dans certaines villes et pourtant nous n’avons pas constaté, à part quelques cas isolés, qu’un nombre important de gens se soient déplacés pour utiliser des pétards ailleurs.

 

Une percée effective et un développement de la législation

De l’étranger, le bureau d’étude du projet à reçu plus de 1000 e-mails et une écrasante majorité soutient la législation chinoise d’une protection stricte des animaux.

Synthétisant les opinions venant de tous bords, on peut dire que l’élaboration d’une « Loi Contre la Maltraitance envers les Animaux » est acceptée par la plupart des gens et est donc légitime.

Concernant la position de la législation, voici ce que pensent Pr.LI Bo (LITTLE Paul), Surintendant de l’Association Britannique de Prévention Contre la Maltraitance des Animaux et Pr. CHANG Jiwen de l’Institut Juridique de l’Académie Nationale des Sciences Sociales :

Une « Loi Contre la Maltraitance envers les Animaux » ne requiert pas que tout le monde aime les animaux, elle demande en revanche que personne ne les maltraite ; la loi ne requiert pas que chaque citoyen soit bienveillant envers les animaux mais elle le souhaite ; la loi n’est pas soucieuse de savoir si oui ou non les citoyens sont bienveillants envers les animaux mais elle s’intéresse aux faits de maltraitance envers les animaux.

A la suite d’un grand débat national,  une « Proposition de Loi Contre la Maltraitance envers les Animaux » (version experts) qui reflète les opinions de tous bords fut soumise, fin juin 2010, à l’autorité centrale. Les services concernés y ont réagit immédiatement.

Fin juillet 2010, le Ministère de Sylviculture a émis une notification, cette notification demande une meilleure réglementation sur l’exposition des animaux sauvages et les spectacles donnés par les animaux. Elle demande que soient lancées une mise en ordre complète et une supervision à l’échelon national des activités concernant l’exposition, les spectacles, l’apprivoisement et la reproduction des animaux sauvages. Elle demande également de faire cesser immédiatement les publicités de mauvais goût, le contact immédiat des spectateurs avec les animaux, les spectacles caractérisés par la maltraitance envers les animaux et toute pratique louche telle que l’exploitation illégale des produits d’animaux sauvages.

Fin octobre, le Ministère du logement et de l’urbanisme a émis une assignée intitulée  « Conseil sur le renforcement de gestion des zoos » dans lequel est noté explicitement qu’  «il faut garantir véritablement la bonne santé et le bien-être des animaux »

Les zoos doivent fournir la nourriture appropriée aux besoins des animaux, de bonne qualité et en quantité adéquate ; construire des habitats sûrs, propres, correspondent aux habitudes des animaux et qui facilitent la manipulation et la gestion. Ces habitats doivent aussi être munis d’installations contre le froid et la grande chaleur.

Les zoos doivent effectuer la vaccination et prendre des mesures de sauvetage. Les dispensaires vétérinaires doivent être renforcés permettant ainsi de fournir les soins médicaux nécessaires aux animaux et disposer de manière convenable les cadavres d’animaux.

Il est interdit de donner des spectacles d’animaux.

Les animaux doivent être à l’abri de frayeurs, de dérangements et de chocs.

Aucun jardin public qui ne remplit pas ces conditions fondamentales aux bien-être des animaux ne sera autorisé à ouvrir une zone d’exposition d’animaux.

L’arrêt sur l’interdiction de donner des spectacles d’animaux a avancé encore d’un pas par rapport à la notification du Ministère de Sylviculture.

La réponse rapide de ces deux ministères montre que le gouvernement avait déjà réfléchi sur la législation contre la maltraitance envers les animaux. Les deux documents juridiques ne visent, certes, que les animaux sauvages mais leurs règles « révolutionnaires » ont fat avancer les idées de bien-être animal et de lutte contre la maltraitance envers les animaux. Ils constitueront un jalon dans l’histoire de la législation de protection des animaux de notre pays et nous pensons que la législation chinoise contre la maltraitance envers les animaux avancera à grands pas dans un avenir proche.

 

 

Traduction : Bragance-LI

Correction : Nicolas POTEL

 

 


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Published by Bragance - dans Législation
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Snow 17/12/2010 06:04



Allo Bragance, je t'avoue avoir abandonné la vraie lecture après le premier tiers et fait du survol pour le reste, ce que je saisis.. plein de contradictions dans ces textes de loi. N'en reste
pas moins qu'il y a une amélioration.. de l'espoir, même si je me dis que depuis le nombre d'années qu'ils se font dire qu'ils ne respectent ni les droits humains, encore moins ceux des
animaux... ils auraient dû déjà avoir en place quelque chose qui fasse foce de loi pour des protections de la Vie. Tu es plus patiente que moi dans ce domaine.. me semble que ce n'est même pas
négociable pour moi ce qui devrait être un acquis autant pour l'humain que pour les animaux et les insectes. Bon, je m'arrête ici. Merci de ces bonnes nouvelles..  Passe une belle journée!
Bises



Bragance 20/12/2010 21:01



Je sais bien que ce texte est long et je suis heureuse que certains le lisent, même un tiers. Oui il y a de l'espoir. Nos actions le fait survivre. Bonne soirée.



Josiane 16/12/2010 22:38



Je reviendrais lire demain  car là mes yeux sont trop fatigués mais si je juge le peu que j'ai lu il y a une sérieuse avancée dans l'évolution des mœurs...



Bragance 20/12/2010 21:02



C'est une bien longue lecture en effet.



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